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Nampilly 4 tomes / Bruno Saint-Hill
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La quadrilogie solognote de Bruno Saint-Hill, véritable chef d'œuvre et best-seller de la collection Signe de Piste.
Tome 0 : La Plaine rouge
Tome 1 : Tempête sur Nampilly
Tome 2 : Le Grand Duel
Tome 3 : Forêt sauvage
Les tomes 1 à 3 sont désormais disponibles en coffret cadeau dans la collection « Totem » des éditions du Triomphe.
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La Collection du « Signe de Piste » est assurément « enracinée ». Nombre de ses auteurs ont à cœur de situer l'action de leurs ouvrages dans des Provinces ou des terroirs qui les ont séduits. Certains manifestent ainsi une prédilection pour une terre particulière et le talent de l'écrivain est de faire partager cet attachement à son lecteur. C'est à Bruno SAINT-HILL et, en particulier, à sa trilogie consacrée au domaine de Nampilly que revient d'avoir fait de la Sologne l'une de ces régions devenues légendaires chez les lecteurs du « Signe de Piste »1. Le nom du domaine de Nampilly, anciennement "domaine de la Marche" apparaît tout d'abord, sur fonds d'escarmouches entre Catholiques et Huguenots, dans le premier roman que Bruno Saint-Hill apporte à la direction de la Collection, La plaine rouge, après le Jamboree de Moissons en 1947.
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Avant d'éditer cet ouvrage, qu'il considérera toujours comme l'un des chefs l'œuvre de la Collection, Serge Dalens conseille au jeune auteur de rédiger une histoire avec des héros modernes. Bruno Saint-Hill imagine donc un combat qui se déroulerait de nos jours sur ces terres de Nampilly. Lorsque s'ouvre Tempête sur Nampilly, nous découvrons le puissant domaine aux mains de la famille de Villecherron « depuis Charles IX, sans une faille » . Les terres se sentent unies derrière leurs Seigneurs, liées à eux. Ce lien invisible échappe à la raison : les Seigneurs sont en quelque sorte les représentants vivants, les symboles du Domaine. Nous entrons là dans une grande et belle réalité. Au fond de ces bois de Sologne, ces grands ensembles paraissent défier le temps et la logique moderne. Régis par des lois immémoriales et pourtant tacites, ils tiennent par des vertus qui n'ont plus cours : honneur, fidélité... fidélité à une famille, à une terre pour ceux qui se considèrent comme « les gens de M'sieur le Baron ». Pour Michel, le jeune héritier du Domaine, le dernier Villecherron de Nampilly, le temps est venu de se battre. Il ne luttera pas d'abord pour lui, pour ses droits, mais pour « eux ».
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« Eux », ce sont tous ses fermiers, ses métayers... mais aussi ses braconniers, ce sont tous ceux qui vivent sur cette terre, qui ont toujours servi le Domaine, obéi à ses lois et qui, dans la détresse, se tournent vers le seigneur. Alors. . .
Laissons la parole à Gérard, l'ami de Michel, qui évoque plus tard ( dans Forêt Sauvage ) cette épopée : « Un domaine fantastique, sa Terre sauvage ! Des sapinières, des étangs, des chênes de brume, un château de rêve, un vieux piqueu, des fermes où des enfants priaient pour son retour. Jamais il ne m'avait parlé de sa Sologne. . . Il est revenu là-bas comme une bombe. Il a sauté sur sa jument, remué toute la forêt, rallié les gosses et les gueux, les charbonniers, les fermiers, les bracos, secoué les châteaux ! . . . Si tu pouvais savoir ! La bataille de nuit sur les vannes, il me l'a tant racontée, et l'attaque de la Croix-Dieu, et le petit Sylvain. Et le chien du garde, dépecé au Four... Tout ça dans les marais, le brouillard, les taillis craquants, les sangliers, les fusillades...»
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Au cœur de cette épreuve, tous découvrent l'amour qu'ils portent à cette terre. . . Après avoir reconquis sort Domaine, Michel se heurte à la fatalité. C'est une lutte sournoise, âpre, qu'il faut mener contre les éléments, impitoyables, et l'aveuglement des hommes . Le grand duel est divisé en trois parties, les titres symbolisant les différentes phases de ce combat. « Badroux », du nom de l'un des braconniers de Nampilly, c'est la terre trahie, livrée au pillage parce qu'exsangue. « La Chênaie », comme s'appelle le vieux piqueu fidèle et légendaire, est au contraire le symbole de la terre qui veut se battre jusqu'au dernier instant, qui refuse l'inéluctable. La troisième partie s'intitule « Pontchevrain », patronyme d'un personnage magnifique, d'une très grande dame, la Marquise du Domaine voisin. Histoire d'un combat pour un Domaine, pour ceux qui y habitent. . . Mais aussi histoire d'une amitié... Gérard, l'ami du collège, a besoin de l'aide de Michel après l'avoir soutenu au cours de Tempête sur Nampilly. « Tu remarqueras que, d'un bout à l'autre de notre histoire, il n'est jamais question que de courage..." Le troisième volet de la série n'avait malheureusement jamais été réédité depuis sa première parution en 1964. Le sort s'est acharné sur ce titre pourtant remarquable... Les éditeurs successifs ont, à diverses reprises, dû céder la collection au moment où cette réédition tant attendue était programmée. Forêt sauvage prolonge et complète très bien les aventures du grand Domaine, avec l'apparition d'un nouveau protagoniste, Denis.
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Il est le fils d'un magnat de l'acier, a été luxueusement élevé dans ce genre de maison à l'atmosphère lourde, « où, à force de se taire, chacun meurt à petit feu de solitude ». Par leurs pères qui travaillent ensemble, Gérard se trouve lié à Denis. Mais ce dernier, héritier de ces grandes familles décadentes, où l'honneur se confond avec l'orgueil, ne se conduit qu'au gré de ses instincts. Il faudra toute la magie du domaine pour lui redonner une saine vision de l'existence, pour que, avant qu'il ne soit trop tard, il se rende compte que « nos actes nous suivent ". Denis devra payer le prix de sa liberté, de l'authentique liberté !
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Quel talent Bruno Saint-Hill déploie-t-il tout au long de ces trois ouvrages pour nous faire partager son amour pour cette région, ce style de vie, cette culture avec son langage imagé et si expressif ! " Sans doute, un jour, grâce à vous, revivront les belles chasses d'antan. Bien sûr, ce n'est là qu'une image : je parle de certaines formes de pensée et de cœur que vous aurez à maintenir, à défendre, dans un siècle assez ignoble." ( La Marquise de Pontchevrain dans Le grand duel ) Fascinante est cette plongée dans ces grands Domaines, mondes insoupçonnés aux liens invisibles, où l'on retrouve l'accord secret entre l'homme et la création 2. C'est donc une grande joie de voir enfin réédité dans son intégralité ce « cycle » de Nampilly par les Editions du Triomphe. Qu'à nouveau tous puissent se laisser envoûter par cette évocation et ces personnages des terres de Sologne 3, entrés dans la légende du "Signe de Piste".
Michel de PEYRET
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1 Il y a quelques années, dans un numéro de la revue pourtant de haute qualité « Spectacle du Monde ", un article consacré à la littérature de jeunesse évoquait comme fleurons de la collection « Signe de Piste » les ouvrages de Dalens et de Foncine. Ce dernier, disait l'article, situe l'action de ses romans dans la Sologne qu'il aime tant. Voici un journaliste qui devait avoir lu les «Nampilly» il y a bien longtemps. . . 2 Comment ne pas penser à La Quête du Graal où la terre est tellement identifiée au Roi que lorsque celui-ci est frappé par le malheur, tout le Royaume dépérit... 3 Jean de La Varende, autre romancier enraciné, évoquant, lui aussi avec un talent inégalable, sa Normandie natale, inspira Bruno Saint-Hill: "Pour moi, c'est Le Troisième Jour qui m'a entraîné sur la voie du roman. Peut-être parce que je suis de souche normande, comme La Varende. J'ai transposé en Sologne le Pays d'Ouche, et Michel est un peu, à Nampilly, le petit cousin de Georget de La Bare..."
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