L'Assassin de Tassin  Philippe Verdin

Nourri dès l'enfance par les Enquêtes du Chat-Tigre et les romans de Simenon, Philippe Verdin, le président des Amis du Signe de Piste, publie son premier polar : Mik Mercadier, Tonton Léon, les cousines pétaradantes, l'inspecteur Fortier et les scouts ne sont pas loin. Quelques allusions à peine voilées aux romans de Fondal : qui saura les retrouver ? Hé, hé, hé !

L'histoire

Marc est embauché par une inquiétante maison d'édition religieuse. " Pour l'harmonie spirituelle ", la devise des Editions du Capricorne recouvre de criminels agissements. Son directeur, Armand Tassin, est sauvagement assassiné. Marc se retrouve sur la liste des suspects. Un vieux cardinal, une dresseuse d'éléphants, un flic blasé, une biologiste du jardin des Plantes, un pilleur de musées lui viennent en aide. L'enquête se déroule sur un rythme trépidant à l'ombre des monastères, chez les trafiquants d'art, sous l'œil de la mafia.

Philippe Verdin, L'Assassin de Tassin, éditions du Rocher, 2006, 156 pages, 18 €

L'auteur

Philippe Verdin a quarante ans. Éditeur et journaliste, il préside également l'association des Amis du Signe de Piste.

Du même auteur :

L'assassin de Tassin
Roman
Éditions du rocher, 2006

La Grande tribu,
Roman
Éditions de la Table-Ronde, 2004 >>> En savoir plus...

Nicolas Sarkozy : La République, les religions, l'espérance
Entretiens avec Nicolas Sarkozy
Éditions du Cerf, 2004

Les pieds sur terre et la tête dans le ciel, Spiritualité du scoutisme
Essai
Éditions du Cerf, 2002

Revue de presse : France Catholique n°3039

Un roman policier chez les cathos. Le roman du frère Verdin, dominicain de son état, nous conduit dans la coulisse d'une maison d'édition religieuse. Nous y découvrons un monde pas très catholique...


Le directeur d'une maison d'édition religieuse est assassiné. Pourquoi ? L'enquête policière parviendra-t-elle à trouver le meurtrier ? A moins qu'une autre enquête, faite par le suspect principal, ne découvre le pot aux roses ?
Philippe Verdin, dominicain, nous offre là un second roman. Après
La Grande tribu, voici L'Assassin de Tassin. Dans ces deux histoires, habilement menées, nous sommes dans un même univers romanesque - plutôt plaisant. Un peu de Rouletabille pour l'intrigue, de Bob Morane pour le côté justicier toujours jeune. Ajoutons quelques pincées de Michel Déon ; un zeste des mousquetaires d'Alexandre Dumas ; un côté fleur bleu, comme dans les romans des hussards des années cinquante ; une écriture vive qui ne s'embarrasse pas de trop de détails ou de psychologie. Tout va vite quand le danger guette. Les héros sont toujours entre deux portes. Ils apparaissent et se cachent, résolvent des énigmes tout en aimant une Anne-Caroline ou une Aurore, sans oublier de s'arrêter dans une église pour y réciter une prière à la Vierge.
Nous sommes dans ces vieilles familles aristocratiques connues de tous, percluses de bonnes manières, souvent de dettes et toujours d'une parentèle nombreuse. Pour les deux livres, la trame est la même. Après, tout est affaire de broderie. Le héros du second (Marc de la Treille) est même cousin du héros du premier (Olivier de Costres). Ils se ressemblent. Aiment rendre visite à de vieux oncles cardinaux ou ambassadeurs, partir en train, visiter les maisons par la fenêtre, sans se faire annoncer, résoudre des énigmes policières.
Dans ce second roman, plus court que le premier, l'intrigue prend le pas sur l'atmosphère -, Marc est embauché par une maison d'édition pour le moins douteuse. Son patron trompe son monde. Faux dévot, il serait vénal, mouillé dans des trafics. Marc rêve de le tuer. Est-il pour autant impliqué dans son meurtre ? Toute la question est là. L'enquête débute.
Mais, au fil des pages, un doute saisit le lecteur. Philippe Verdin n'a-t-il pas travaillé dans une maison d'édition religieuse ? Oui. Il y faisait même du bon travail. Connaissait tout le monde - ainsi que, sans doute, les ragots et dessous de bien des réputations. Alors, s'agit-il d'un polar ou d'un roman à clefs ? Faut-il penser à quelqu'un en particulier sous les traits de l'abject Tassin, du patibulaire Soprani, du mégalomane Père Roland ? Des comptes sont-ils réglés, des piques lancées, des reproches formulés sous couvert d'une enquête policière ? Philippe Verdin a l'âme d'un Guillaume de Baskerville - franciscain-enquêteur du roman
Le nom de la rose. Mais a-t-il aussi l'esprit suspicieux d'un Bernard Gui ? Le lecteur n'ose le penser.
Philippe Verdin à trouvé sa veine. A quand d'autres enquêtes, d'autres aventures "aussi métaphysique que Graham Greene et aussi palpitant que John Le Carré" selon les indications données à Marc de la Treille ? n

Damien Le Guay

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