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Un roman policier chez les cathos. Le roman du frère Verdin, dominicain de son état, nous conduit dans la coulisse d'une maison d'édition religieuse. Nous y découvrons un monde pas très catholique...
Le directeur d'une maison d'édition religieuse est assassiné. Pourquoi ? L'enquête policière parviendra-t-elle à trouver le meurtrier ? A moins qu'une autre enquête, faite par le suspect principal, ne découvre le pot aux roses ? Philippe Verdin, dominicain, nous offre là un second roman. Après La Grande tribu, voici L'Assassin de Tassin. Dans ces deux histoires, habilement menées, nous sommes dans un même univers romanesque - plutôt plaisant. Un peu de Rouletabille pour l'intrigue, de Bob Morane pour le côté justicier toujours jeune. Ajoutons quelques pincées de Michel Déon ; un zeste des mousquetaires d'Alexandre Dumas ; un côté fleur bleu, comme dans les romans des hussards des années cinquante ; une écriture vive qui ne s'embarrasse pas de trop de détails ou de psychologie. Tout va vite quand le danger guette. Les héros sont toujours entre deux portes. Ils apparaissent et se cachent, résolvent des énigmes tout en aimant une Anne-Caroline ou une Aurore, sans oublier de s'arrêter dans une église pour y réciter une prière à la Vierge. Nous sommes dans ces vieilles familles aristocratiques connues de tous, percluses de bonnes manières, souvent de dettes et toujours d'une parentèle nombreuse. Pour les deux livres, la trame est la même. Après, tout est affaire de broderie. Le héros du second (Marc de la Treille) est même cousin du héros du premier (Olivier de Costres). Ils se ressemblent. Aiment rendre visite à de vieux oncles cardinaux ou ambassadeurs, partir en train, visiter les maisons par la fenêtre, sans se faire annoncer, résoudre des énigmes policières. Dans ce second roman, plus court que le premier, l'intrigue prend le pas sur l'atmosphère -, Marc est embauché par une maison d'édition pour le moins douteuse. Son patron trompe son monde. Faux dévot, il serait vénal, mouillé dans des trafics. Marc rêve de le tuer. Est-il pour autant impliqué dans son meurtre ? Toute la question est là. L'enquête débute. Mais, au fil des pages, un doute saisit le lecteur. Philippe Verdin n'a-t-il pas travaillé dans une maison d'édition religieuse ? Oui. Il y faisait même du bon travail. Connaissait tout le monde - ainsi que, sans doute, les ragots et dessous de bien des réputations. Alors, s'agit-il d'un polar ou d'un roman à clefs ? Faut-il penser à quelqu'un en particulier sous les traits de l'abject Tassin, du patibulaire Soprani, du mégalomane Père Roland ? Des comptes sont-ils réglés, des piques lancées, des reproches formulés sous couvert d'une enquête policière ? Philippe Verdin a l'âme d'un Guillaume de Baskerville - franciscain-enquêteur du roman Le nom de la rose. Mais a-t-il aussi l'esprit suspicieux d'un Bernard Gui ? Le lecteur n'ose le penser. Philippe Verdin à trouvé sa veine. A quand d'autres enquêtes, d'autres aventures "aussi métaphysique que Graham Greene et aussi palpitant que John Le Carré" selon les indications données à Marc de la Treille ? n
Damien Le Guay
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